Depuis la nuit des temps, l’homme cherche à soigner les maux dont il est affligé, c’est, tout d’abord, de l’ordre du réflexe dont il est question lorsque l’on se blesse.

Nous n’avons qu’à penser à la friction que nous appliquons sur le coude que nous cognons contre un obstacle ou la main que nous portons au ventre lors de brûlement d’estomac.

Puis, par observation, essaies et erreurs, l’homme a développé des techniques manipulatives qui, au fil des siècles, se sont développées et ont essaimées à travers le monde.

L’Égypte

La première référence aux pratiques de thérapie manuelle remonte à la haute Égypte où, sur une fresque découverte dans la tombe du pharaon Ramsès II (environ 1298 à 1235 av. J.-C.), une figurine montre un praticien traitant ce qui paraît être une lésion du coude.

Un autre document datant de plus de 4000 ans, le PAPYRUS DE SMITH (copie d’un document de l’ancien empire Nubien Égyptien) qui regroupe plusieurs cas de chirurgie osseuse et de pathologie externe ont inspiré un certain Hippocrate.

L’Antiquité

En Grèce, Hippocrate de Cos (460 à 377 av. J.-C.), dans son Traité des articulations, décrit en détail les manœuvres de réduction articulaire, soit à l’aide d’instruments de traction, soit par des techniques purement manuelles. Il est décrit des techniques manuelles par empaumement, blocage, pression qui s’apparentent de façon étonnante à nos techniques actuelles. Ces affirmations sont confirmées par plusieurs auteurs dont ceux de l’histoire de la lutte contre la maladie qui stipule que l’auteur de Sur les Articulations n’ignore pas grand-chose des principes de l’orthopédie. Il sait que le traitement d’une articulation démise n’est pas le même selon que l’intervention est immédiate ou différée.

Malgré la justesse de ces méthodes, il lui arrive pourtant de suggérer des techniques sans doute pires que le mal, voire fatales. C’est ainsi qu’il propose de suspendre les bossus par le cou ou de les attacher la tête en bas à une échelle qu’on heurtera violemment contre le sol.

« A Rome, Claude Galien (131-201 apr. J.-C.), héritier d’Hippocrate, manipulait couramment les articulations. Aussi invraisemblable que cela puisse paraître, il parvint à réinsérer un épiploon dans la cavité abdominale et procéda à l’ablation du sternum suppurant d’un esclave. N’arrêtant pas là ses exploits, il a manifestement guéri la paralysie de l’éminent Eudemus par un ajustement vertébral.

L’Orient

Plus à l’est, «les Chinois pratiquaient également des manipulations comme l’attestent des textes âgés de 3500 ans avant J.C. Ces écrits disent qu’en frottant la région douloureuse à l’aide des mains, la souffrance s’atténue et peut même disparaître. On sait aussi que l’acuponcture et de nombreuses techniques de massage nous viennent de la Chine ancienne.

L’obscurantisme du Moyen Âge

Cette époque marque l’avènement d’un obscurantisme marqué par une régression et la disparition de l’arsenal thérapeutique de pratiques.

Au Quatrième Concile du Latran en 1215, la décision fut prise d’interdire aux médecins la pratique de la chirurgie, leur réservant exclusivement la pratique de la médecine. La chirurgie sortit donc du domaine médical et fut réservée à des laïcs qui ne pouvaient bénéficier que d’un enseignement « sur le tas », les études n’étant accessibles qu’aux ecclésiastiques. Les techniques de thérapie manuelle vont donc tomber entre les mains des barbiers; c’est le discrédit qui entoure ces derniers qui va rejaillir sur l’ensemble de la Thérapeutique Manuelle.  Ce discrédit sera tel que les barbiers eux-mêmes finirent pour la plupart par ne plus les utiliser.

Renaissance

Heureusement, certains d’entre eux perpétueront l’usage de techniques manipulatives. C’est le cas d’Ambroise Paré (1509-1590) barbier chirurgien français qui est porteur du titre de père de la chirurgie moderne.  Il est l’inventeur de nombreux instruments et met au point la ligature des artères. Il pratiquait couramment la manipulation.

C’est, dès lors et jusqu’à la fin du 19e siècle, la période où l’art des manipulations vertébrales sera pratiqué par les rebouteux ou bonesetters et transmis par des voix non officielles.  Il faudra attendre la naissance d’un réformiste américain pour que s’érige une nouvelle science fondée sur la thérapie manuelle en physiothérapie.

Author

  • Nous sommes des physiothérapeutes passionnés par le mouvement et la réadaptation, avec un objectif clair : aider les gens à mieux comprendre leur douleur et à retrouver une vie active, sans limitation.

    À travers notre pratique et nos contenus, nous partageons des approches concrètes, fondées sur la science, pour prévenir les blessures, soulager les douleurs et améliorer durablement la mobilité. Nous croyons qu’un patient bien informé prend de meilleures décisions et obtient de meilleurs résultats.

    Richard Bouzaglou, B.Sc. PT

    Physiothérapeute | Cofondateur

    Professionnel expérimenté, Richard est cofondateur du Centre Médical et de Réadaptation AMS, où il joue un rôle clé depuis 2008. Fort d’une formation en médecine du sport et en physiothérapie, il a développé une solide expertise, notamment auprès d’athlètes d’élite.

    Sa pratique repose sur une approche globale, intégrant thérapie manuelle avancée, réadaptation fonctionnelle et prise en charge personnalisée. Engagé dans la formation continue et l’encadrement d’étudiants, il se distingue par sa rigueur clinique et sa capacité à établir une relation de confiance durable avec ses patients.

    Moshe Vazana

    Physiothérapeute

    Avec plus de 15 ans d’expérience, Moshe est reconnu pour son approche précise, fondée sur des données probantes. Diplômé en physiothérapie et formé à plusieurs méthodes avancées, dont la Méthode McKenzie (MDT) et le concept Mulligan, il se spécialise dans le traitement des troubles musculo-squelettiques et de la colonne vertébrale.

    Son parcours international et son engagement envers l’excellence lui permettent d’offrir des soins adaptés, efficaces et durables. Passionné par la transmission du savoir, il participe également à la formation de futurs professionnels en physiothérapie.