La capsulite rétractile est une affection bénigne de l’épaule consistant en un enraidissement douloureux progressif de cette articulation.

Son nom vient du fait que la capsule articulaire (membrane entourant l’articulation) se rétracte et empêche ainsi le fonctionnement normal de l’épaule. La capsulite rétractile est également appelée épaule gelée (du terme anglais « frozen shoulder »). Pour certains, la capsulite rétractile est l’expression sur l’épaule d’une algodystrophie. Il ne nous semble pas souhaitable de confondre ces 2 pathologies car même s’il s’agit de pathologies « cousines », les signes cliniques et surtout l’évolution distinguent ces 2 maladies.

D’ou vient la capsulite retractile ?

La capsulite rétractile peut survenir sans cause, elle est dite idiopathique. Dans un certain nombre de cas, il existe un facteur favorisant comme un traumatisme au niveau de l’épaule ou toute affection douloureuse de l’épaule, y compris les suites de chirurgie.

Certaines maladies favorisent les capsulites : diabète  (la capsulite peut alors être bilatérale), infarctus du myocarde, hémiplégie… Enfin, certains médicaments favoriseraient cette maladie : barbituriques, isoniazides, antiprotéases) . Un terrain anxieux est classiquement avancé pour expliquer les capsulites mais aucune étude scientifique n’a jamais pu le démontrer.

Comment faire le diagnostic de la capsulite retractile ?

Une capsulite rétractile commence toujours par une phase douloureuse plus ou moins longue (de quelques semaines à plusieurs mois). La douleur est permanente, y compris nocturne, réveillant le patient. Elle est peu calmée par les antalgiques simples ou les anti-inflammatoires. A ce stade, l’examen clinique est normal ou presque et les patient sont en général traités pour une tendinite.

Après plusieurs semaines ou quelques mois, un enraidissement progressif survient. Il devient de plus en plus de difficile de  mettre une veste,  un soutien-gorge ou aller chercher un objet en hauteur. A ce stade, le diagnostic doit être porté par le médecin.

Généralement, lorsque la raideur s’installe, la douleur disparaît ou diminue fortement dans les semaines qui suivent, enfin petit à petit, la raideur va disparaître et l’épaule va retrouver un fonctionnement normal. Il peut persister une raideur minime de quelques degrés ne gênant pas dans la vie quotidienne.

Faut il faire des examens complémentaire ?

Aucun examen complémentaire spécifique n’est nécessaire en cas de capsulite rétractile typique. Des examens simples sont suffisants : radiographies de l’épaule et bilan biologique.

Combien de temps sure une capsulite retractile ?

L’évolution spontanée de la capsulite rétractile est la guérison. Dans la grande majorité des cas, cette guérison survient dans les 18 mois mais peut survenir plus tôt, exceptionnellement, l’évolution peut être plus prolongée nécessitant des traitements particuliers tel que l’arthrographie distensive.

Quel traitement proposer dans la capsulite retractile ?

S’agissant d’une affection bénigne qui guérit spontanément, aucun traitement apart la physiothérapie  n’est nécessaire.

Sauf exception, aucun traitement agressif ne doit être entrepris dans la mesure où ces traitements peuvent entraîner des complications graves (infections, fractures…) et par la même des séquelles invalidantes.

Néanmoins, la douleur doit être contrôlée par des antalgiques adaptés en fonction de son intensité. Des infiltrations peuvent aussi être proposées.

Quel est la place de la physiotherapie dans la capsulite retractile?

La physiothérapie a sa place dans le traitement de la capsulite d’une part à la phase de raideur et d’autre part à la phase de guérison.

A la phase douloureuse stricte, la physiothérapie a peu d’intérêt, les mobilisations d’épaule aggravant les douleurs.

A la phase d’enraidissement, la physiothérapie va :

  • contribuer à lutter contre la douleur par les massages et la physiothérapie (chaleur, électrothérapie, …)
  • entretenir la fonction du complexe de l’omoplate permettant, même avec une épaule raide, de pouvoir bouger son épaule
  • éviter une atrophie musculaire de l’épaule grâce à un travail actif de tous les muscles de l’épaule

Par contre, il ne sert à rien de vouloir récupérer les mobilités de l’épaule à cette phase car la rétraction capsulaire empêche tout gain d’amplitude. Par contre, forcer en physiothérapie entraîne une recrudescence des douleurs.

Il est très important d’agir avec douceur et de ne jamais déclencher de douleur pendant ou après les séances de physitherapie.

Le travail en piscine chaude, en associant l’effet antalgique de la chaleur et la suppression de la pesanteur, est particulièrement indiqué tout au long de l’évolution de la capsulite.

A la phase de guérison, la physiothérapie prend toute sa place en permettant une récupération ma plus complète possible de l’épaule. A cette phase, l’accent est mis sur la récupération des mobilités puis du fonctionnement actif de l’épaule afin de retrouver une épaule normale dans la vie de tous les jours.

La capsulite rétractile est une affection bénigne de l’épaule qui guérit spontanément avec le temps