La physiothérapie pelvienne aide les femmes qui courent à réduire les fuites urinaires grâce à une rééducation du plancher pelvien, afin de mieux gérer la pression générée pendant l’effort.
Concrètement, elle agit sur trois axes :
- le renforcement des muscles du plancher pelvien,
- l’amélioration de leur coordination avec la respiration et les abdominaux,
- le contrôle de la pression abdominale pendant la course.
Dans le contexte de la course à pied, ces symptômes apparaissent surtout lors des impacts répétés, des variations de rythme ou en situation de fatigue. Le rôle de la rééducation est donc d’agir directement sur la fonction dynamique du corps.
Qu’est-ce que la physiothérapie pelvienne ?
Chez de nombreuses coureuses, les fuites urinaires surviennent uniquement en situation d’effort ou d’intensité. La physiothérapie pelvienne intervient précisément sur le mouvement réel, pas la théorie.
Elle ne consiste pas à renforcer un muscle isolé, mais permet de réapprendre au corps à gérer la pression et la coordination pendant la course. Il s’agit donc d’une organisation globale du mouvement, où plusieurs systèmes travaillent ensemble.
Sans sa globalité, la physiothérapie pelvienne :
- améliore la réponse du plancher pelvien lors des impacts répétés,
- synchronise respiration, abdominaux et périnée pendant l’effort,
- répartir mieux les pressions internes créées par la course,
- stabilise le tronc dans les phases exigeantes (accélération, montée, fatigue),
- réintroduit progressivement la course sans appréhension.
Ce travail s’apparente à un apprentissage moteur, essentiel, car la course repose sur des milliers d’impacts répétés, au cours desquels le corps doit réagir en quelques millisecondes. Le contrôle volontaire conscient devient alors inefficace dans les phases d’intensité ou de fatigue.
Fuites urinaires : doit-on arrêter de courir ?
Dans la majorité des cas, l’arrêt complet n’est pas la solution recommandée, sans évaluation professionnelle. Les fuites urinaires à l’effort sont généralement un signal d’adaptation nécessaire, pas une interdiction de courir.
Dans la pratique :
- continuer à courir reste possible,
- ajuster l’intensité et les types d’efforts suffit dans de nombreux cas,
- maintenir une activité physique aide à préserver les capacités globales, notamment la coordination et le tonus profond.
La physiothérapie sert ainsi à cadrer une reprise structurée et progressive. L’arrêt total sans bilan peut parfois ralentir la récupération fonctionnelle, car le corps perd des repères de mouvement.
Le maintien d’une activité adaptée permet au contraire de préserver les automatismes de stabilisation. Le système neuromusculaire fonctionne en effet selon un principe d’adaptation, il conserve ce qui est utilisé et perd ce qui ne l’est plus.

Ce qui se passe dans le corps d’une femme qui court présentant des fuites urinaires
Pendant la course, le corps subit des chocs répétés et des variations rapides de pression. Quand les fuites surviennent, ce n’est pas uniquement une question de faiblesse, mais souvent de timing et de coordination.
Concrètement, chaque foulée génère une augmentation brève de pression dans l’abdomen. Le plancher pelvien doit réagir instantanément pour contenir cette pression.
Sous fatigue, cette réponse devient moins rapide ou moins précise. La coordination entre respiration et gainage peut se désynchroniser. Plus l’intensité augmente, plus la marge de contrôle diminue
Certains contextes rendent ce déséquilibre plus fréquent :
- période post-partum,
- charges d’entraînement élevées,
- fatigue générale ou manque de récupération.
Les fuites urinaires ne sont pas statiques, elles apparaissent dans des conditions spécifiques de charge.
Cette variabilité explique pourquoi les symptômes peuvent paraître irréguliers ou imprévisibles. Une séance peut être parfaitement contrôlée, tandis qu’une autre déclenche des fuites uniquement en raison d’un niveau de fatigue ou d’une intensité différents.
10 situations sur le terrain d’apparition des fuites urinaires
Les fuites urinaires à l’effort surviennent principalement lorsque plusieurs contraintes s’additionnent : intensité, impact et fatigue neuromusculaire.
On les observe typiquement :
- lors d’un sprint final ou d’une accélération brutale,
- pendant les séances de fractionné,
- en montée ou en côte, où l’effort est plus contraint,
- à la fin d’une sortie longue, quand la fatigue s’accumule,
- dans les séances de HIIT avec impacts répétés,
- à la reprise de la course après une grossesse,
- lors d’exercices avec sauts intégrés à l’entraînement,
- après une blessure ou une période d’arrêt sportif,
- en état de fatigue générale (stress, manque de sommeil, surcharge),
- en compétition, sous intensité maximale et pression psychologique.
Ces situations ne sont pas aléatoires. Elles correspondent à des contextes où les exigences biomécaniques dépassent temporairement les capacités de coordination du système profond.
Avec un entraînement adapté, il est possible d’augmenter progressivement la tolérance à ces situations sans que des symptômes apparaissent.
Quand consulter en physiothérapie pelvienne ?
Certaines situations indiquent qu’un simple ajustement d’entraînement ne suffit plus. La physiothérapie pelvienne devient pertinente dès que les symptômes commencent à influencer la pratique sportive, même de manière légère.
Il est recommandé d’envisager une consultation en cas de :
- fuites urinaires répétées pendant la course ou l’effort,
- gêne qui impacte la performance ou la confiance en mouvement,
- sensation de lourdeur pelvienne après l’entraînement,
- adaptation progressive non choisie de l’activité (réduction de la distance ou de l’intensité pour éviter les symptômes),
- retour au sport après grossesse sans amélioration malgré le temps,
- persistance des symptômes malgré des exercices réalisés en autonomie.
L’enjeu n’est pas l’intensité des symptômes, mais leur répétition et leur impact sur la pratique sportive.
Une prise en charge précoce permet d’éviter l’installation de stratégies compensatoires, telles que la réduction excessive de l’activité ou la modification involontaire de la foulée. Plus l’évaluation est réalisée tôt, plus la récupération fonctionnelle est rapide et efficace.
La consultation permet également d’identifier les facteurs qui contribuent aux symptômes. En effet, toutes les fuites urinaires observées pendant la course ne s’expliquent pas par le même mécanisme.
Chez certaines sportives, la problématique est davantage liée à la gestion de la pression abdominale, tandis que chez d’autres, la fatigue, les habitudes respiratoires ou certains schémas de mouvement jouent un rôle plus important.
L’évaluation en physiothérapie pelvienne vise justement à comprendre comment le corps réagit pendant l’effort afin de proposer des interventions adaptées à la situation de chaque coureuse. Une approche individualisée permet d’éviter les solutions génériques qui ne répondent pas toujours aux besoins réels de chaque sportive.
FAQ
Est-ce que je peux courir pendant ma rééducation du plancher pelvien ?
Oui, dans la majorité des cas. La course n’est pas forcément arrêtée, mais elle doit être adaptée selon les symptômes.
En pratique :
- réduction de l’intensité (moins de fractionné ou de côtes au début)
- reprise progressive du volume de course
- exercices de rééducation en parallèle
- ajustement selon la réponse du corps après l’effort
Pourquoi n’ai-je des fuites que sur certains types de courses (fractionnées, côtes) ?
Parce que certains types d’efforts augmentent fortement la pression sur le plancher pelvien.
Ces situations cumulent :
- impacts plus forts (sprints, sauts, accélérations)
- augmentation rapide de la pression abdominale
- fatigue musculaire en fin d’effort
- diminution du contrôle moteur sous intensité
Est-ce que c’est fréquent chez les femmes sportives ou est-ce que je suis un cas isolé ?
C’est fréquent, mais souvent sous-déclaré.
Beaucoup de femmes sportives :
- vivent ces symptômes sans en parler
- adaptent leur entraînement en silence
- pensent que c’est normal après grossesse ou sport intense
- ignorent l’existence de solutions efficaces
Est-ce que la physiothérapie pelvienne fonctionne même si les fuites datent de longtemps ?
Oui. L’ancienneté des symptômes ne limite pas les possibilités d’amélioration.
La prise en charge peut encore être améliorée :
- la force musculaire
- la coordination du plancher pelvien
- la gestion de la pression à l’effort
- les habitudes de mouvement liées à la course
Est-ce que les fuites urinaires lors de la course à pied vont s’aggraver si je continue à courir ?
Pas nécessairement. La course n’aggrave pas automatiquement les symptômes.
Le risque augmente surtout si :
- les symptômes ne sont pas évalués
- aucune adaptation n’est mise en place
- la fatigue ou la surcharge d’entraînement persistent
- le plancher pelvien reste non entraîné ou mal coordonné
Dans une logique de performance et de santé, l’objectif n’est pas uniquement la disparition des symptômes, mais la restauration d’une capacité stable à gérer les contraintes de la course.


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